L'OMBRE du DRAKKAR va planer sur le 14 juillet 2008

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L'OMBRE du DRAKKAR va planer sur le 14 juillet 2008

L'association d'anciens militaires du camp d'Idron, d'où provenait la quasi-totalité des soldats tués lors de l'attentat du Drakkar, en 1983 au Liban, a exprimé dimanche un "malaise" dû à la présence annoncée du président syrien Bachar Al-Assad au défilé du 14 Juillet à Paris.

"Faire défiler une promotion de l'École militaire interarmes qui porte le nom de Lieutenant Antoine de la Bâtie, une des victimes du Drakkar, devant le président syrien, nous sommes contre. Dans la mesure où la Syrie reste un pays très fermé, qui n'a pas beaucoup bougé", a indiqué à l'AFP Jean-Luc Hemar, président de l'Association des anciens militaires du camp d'Idron (AAMCI), basée en Haute-Vienne.

"Nous ressentons un malaise. L'ombre du Drakkar va planer sur le 14-Juillet.

Il faut certes tourner la page, mais ce n'est pas facile. C'est un peu tôt. Pour nos camarades morts là-bas, on ne peut pas dire que c'est bien", a-t-il ajouté, précisant que l'association abritait plusieurs rescapés de l'attentat.

Les familles des victimes ont été officiellement invitées à assister au défilé, lundi à Paris, a-t-il dit.

L'ex-adjudant-chef Omer Marie-Magdeleine, rescapé de l'attentat du Drakkar où il avait été grièvement blessé, a en revanche déclaré ne pas avoir été invité au défilé parisien.

"Je serais allé à l'Elysée, certes, pour demander à M. Sarkozy s'il pouvait poser des questions au gouvernement syrien au sujet de l'attentat. Mais m'asseoir en tribune officielle aux côtés de M. Assad, vis-à-vis de mes hommes, je n'aurais pas pu", a expliqué l'ancien militaire, qui vit près de Pau.

"Je vivais avec mes soldats, je dormais avec eux, je sautais avec eux. Je me voyais mal aller avec le chef d'un gouvernement qui a certainement dans ses archives tout ce qui s'est passé", a ajouté l'ex-membre du 1er régiment de Chasseurs parachutistes (RCP).

Le 23 octobre 1983, à Beyrouth, 58 militaires français étaient morts à l'aube dans un attentat ayant visé un bâtiment où dormaient 73 soldats français de la Force multinationale d'interposition.

Nombre d'observateurs avaient vu la main de la Syrie derrière cet attentat revendiqué par un "mouvement islamique" inconnu, mais aucune preuve de l'implication des services secrets de Damas n'a jamais été produite.

La présidence française a qualifié dimanche d'"erreur historique" le fait d'imputer à Damas l'attentat du Drakkar.

La quasi-totalité des victimes appartenaient au 1er RCP basé au camp d'Idron (Pyrénées-Atlantiques), près de Pau.

Source: Journal LE MONDE

 

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