PERIPETIES JUDICIAIRES CINQUANTE ANS APRES LE DEBUT DE LA BATAILLE D’ALGER.

Publié le par Général M. Schmitt

Au cours du congrès de Toulon de mai 2005, je me suis adressé aux membres de l’U.N.C. en leur disant que depuis cinq ans je me battais devant l’opinion et devant la justice pour me défendre et pour défendre la mémoire du capitaine GRAZIANI mort pour la France en janvier 1959.

 En 2005, ce combat n’était pas terminé. Il l’est désormais. Je dois donc aux membres de l’U.N.C. un compte rendu complétant celui paru dans la voix du Combattant de juillet- août 2005.
Je rappelle qu’une première phase judiciaire était intervenue à la suite d’un débat télévisé organisé le 6 mars 2002 par Franz olivier GIESBERT à la fin de la projection de « l’ennemi intime » de Patrick ROTMAN.

Lors de ce débat j’avais traité l’ex brigadier Henri POUILLOT de menteur et (ou) de criminel et affirmé que madame Ouiza IGHILAHRIZ, ex membre d’un groupe terroriste, avait publié un
livre comportant de nombreuses contre vérités, affabulations et invraisemblances. Tous deux s’estimant diffamés m’ont poursuivi.

J’ai indiqué en mai 2005 que le volet parisien de l’affaire parisien de l’affaire Pouillot était clos et que la Cour d’Appel de Paris, infirmant, en partie, le jugement de première instance, m’avait condamné à lui verser cinq cents euros pour avoir commis une « imprudence dans l’expression ». La cour indique cependant dans les attendus de l’arrêt que « les explications du général SCHMITT qui affirme avoir acquis, à la certitude qu’Henri POUILLOT ne disait pas la vérité sont tout à fait crédibles ».

 En première instance, le Tribunal correctionnel de Paris avait déjà précisé que, s’agissant de Monsieur POUILLOT, l’emploi du mot criminel n’était pas démesuré. Mme BEAUGE et Mr BERNARD, journalistes du Monde écriront néanmoins dans l’édition du 19 mars 2005, vous noterez la date, que j’avais été condamné pour avoir traité Mr POUILLOT de menteur et de criminel. Les attendus des documents judiciaires ne doivent pas faire partie de leurs lectures.

De mon côté, avec le concours du Ministère de la Défense, j’ai poursuivi pour diffamation Mr POUILLOT devant le Tribunal correctionnel de Marseille qui l’a condamné à me verser 1500 euros et à payer 500 euros d’amende, jugement confirmé par un arrêt de la cour d’Appel d’Aix en Provence. Les 1500 euros ont été virés à l’entraide parachutiste. L’affaire est terminée.

Beaucoup plus important, était le procès qui m’opposait à Mme IGHILAHRIZ.

Je rappelle que Mme IGHILAHRIZ dans un entretien avec Florence BEAUGE paru dans le Monde en juin 2000 et dans un livre publié un an après, prétend qu’après son arrestation à Chebli, le 29
septembre 1957, elle a été torturée par le capitaine GRAZIANI durant pratiquement tout l’automne et après trois semaines en présence soit du Général MASSU soit du Colonel BIGEARD.

Malgré l’avis du Ministère public qui estimait que mon livre « Alger été 1957 une victoire sur le terrorisme » constituait une enquête sérieuse voire minutieuse et tout en écrivant dans les attendus du jugement que je pouvais « mettre en doute » les déclarations de mon
adversaire, le Tribunal correctionnel de Paris m’a refusé le bénéfice de la bonne foi et m’a condamné à verser un euro de dommage et intérêts à mon adversaire.

J’ai fait appel de ce jugement, j’ai retrouvé Mme IGHILAHRIZ le 8 septembre 2005 devant la Cour d’Appel de Paris qui prononça le 3 novembre 2005 un arrêt où l’on peut lire : « Considérant qu’il est compréhensible que les auteurs de la guerre d’Algérie, de l’un et de l’autre camp, quel qu’ait été ensuite leur parcours personnel, s’expriment avec virulence, soit pour accuser, soit pour défendre l’honneur de compagnons d’armes ; que pour l’ensemble de ces motifs ; la Cour, infirmant le jugement déféré, accordera à Maurice SCHMITT le
bénéfice de la bonne foi ». « Dit que le prévenu n’a pas commis de faute fondée sur le délit de diffamation publique envers un particulier ».
Mme IGHILAHRIZ s’est pourvue en cassation. Son pourvoi a été rejeté le 9 janvier 2007.

Mme BEAUGE s’était engagée à fond aux côtés de la partie civile. Le jour même du procès en appel sortait sous sa signature « Algérie une guerre sans gloire » dont le Nouvel Observateur publiait à la même date plusieurs pages centrées sur le récit d’un ancien du 3ème R.P.C. Raymond CLOAREC, particulièrement diffamatoires pour ce régiment et donc pour son Chef, à l’époque le lieutenant-Colonel BIGEARD.

 A le lire, Clo-Clo, comme elle l’appelle, a tout vécu des évènements de l’année 1957. Il a cependant oublié de dire à Mme BEAUGE que cette même année, il avait passé plusieurs mois hors du régiment (voir mon droit de réponse au Nouvel Observateur daté du 12 septembre et publié dans la Voix du Combattant de novembre 2005). Mme BEAUGE s’est intéressée à Clo-Clo après avoir reçu de sa part, une lettre dont j’ai la copie. Elle ne pouvait en faire état car sur certains points importants ce document contredit le récit de Mme IGHILAHRIZ. Mais comme il prétendait avoir participé à la modeste affaire de Chebli, Mme BEAUGE vit en lui un témoin susceptible d’accréditer la thèse d’une participation du 3ème R.P.C à cette affaire.

Ce qui aurait expliqué l’intérêt porté par BIGEARD à Mme IGHILAHRIZ. Pour le coup de main de Chebli, le lecteur pourra se reporter au récit de l’Adjudant-Chef WALLISCH du 1er R.E.P. dans la Voix du Combattant d’avril 2006. Il y a, lui, participé et a transporté Mme IGHILAHRIZ à l’hôpital dans sa voiture. Faute de pouvoir utiliser la lettre de Clo-Clo, Mme BEAUGE lui demanda une attestation pour la produire en justice.

Dans ce document Mr CLOAREC prétend que je lui aurais demandé d’écrire que le 3ème R.P.C. avait quitté l’Algérois pour le Sahara dès la fin du séjour à Alger. C’est absurde, Mme BEAUGE, qui, dit-elle, a lu soigneusement mon livre, a pu constater (page 117) que je relate les activités
du 3ème R.P.C. du 5 novembre au 20 octobre dans l’Algérois.

Mr CLOAREC a donc rédigé une fausse attestation utilisée en justice par la partie civile à l’instigation de Mme BEAUGE qui la savait ou aurait du la savoir inexacte. Pour ma part, je ne me suis intéressé à Mr CLOAREC et à son passé qu’après avoir constaté qu’il prétendait avoir servi sous mes ordres. Ce que je savais faux.

CLOAREC ajoute à l’imitation de Mme IGHILAHRIZ que des parachutistes furent tués à Chebli. C’est tout aussi faux. Les journaux de marches et des opérations attestent que le 1er R.E.P. qui a mené le coup de main n’a eu aucun tué entre le 26 juillet et le 7 décembre de 1957 et que, le 3ème R.P.C. n’a eu aucun tué entre le 23 septembre et le 16 octobre.

Le 29 septembre Clo-Clo célébrait la saint Michel à Sidi Ferruch avec ses camarades de la 3ème compagnie du 3ème R.P.C. Plusieurs en témoignent.

Au total, Mme BEAUGE n’a pris aucune précaution pour vérifier les déclarations plus que fantaisistes de son ami Clo-Clo qui n’était pas le témoin décisif « tombé du ciel » qu’elle voyait en lui. Pour une journaliste se voulant « d’investigation » elle a manqué de sérieux et de prudence.

Ajoutons enfin que j’ai dédié « Alger été 1957 une victoire sur le terrorisme » à une victime d’un attentat à la bombe que j’ai vu mourir sous mes yeux le 3 juin 1957. Mme BEAUGE dédie le sien à Ali MOULAY l’organisateur de l’attentat à la bombe du casino de la corniche qui fit une centaine de victimes. Les lecteurs apprécieront.

Je termine ce récit en renouvelant mes remerciements à tous ceux qui m’ont soutenu dans le cadre du Comité de Défense des Combattants d’Afrique du Nord (C.D.C.A.F.N.) que préside le général GILLIS et tout particulièrement au président Hugues DALLEAU et aux membres de l’U.N.C. Je n’oublie pas pour autant les autres associations ainsi que les nombreux amis, connus ou inconnus, qui m’ont encouragé à titre individuel.
Signé : Général d’Armée Maurice SCHMITT

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RETHORE Alain 02/03/2007 15:38

Ancien de la CA du 3eme de 1958 à 1960 - ayant servi sous les ordres du Général SCHMITT je puis attester que durant la durée de ce service sous son commandement ,n'avoir jamais connus les sévices dont ces porteurs de valises veulent faire écos -
il est plus en leur déshonneur et le respect que nous devons à nos blessés ou morts au combat  s'ajoutant aux laches attentats du FLN aidés par ces tristes personnages méritait un jugement en faveur de mon ancien cdt de cie - enfin une vérité rétablie ,merci!!
un ancien de la CA du 3 eme fier d'avoir appartenu à notre beau régiment -